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Facebook : le paradis des voleurs d'identité

One up

Qui ne connaît pas Facebook ? Facebook, ce site de réseau social qui est le phénomène du moment. Bénéficiant d'une croissance fulgurante, Facebook comptait en mars 2008 plus de 67 millions de membres à travers le monde et, à ce jour, 21 734, rien que pour le réseau Luxembourg. Ce site déclenche les passions : certains ont déjà tous les symptômes de la dépendance et y passent des heures chaque jour, tandis que d’autres ne lui trouvent qu'un intérêt somme tout négligeable voire inexistant.

Quoiqu'il en soit, Facebook contribue fortement au vent qui souffle sur la Toile : le web 2.0. Seulement, le vent n'est pas toujours de très bonne augure et peut aussi être annonciateur de tempête...En effet, tout comme d'autres sites de socialisation connus, son utilisation présente des risques pour la sécurité des utilisateurs, et par leur biais, des entreprises.

Ce site suscite une levée de boucliers de nombreuses organisations non-gouvernementales de défense des droits de l'homme et de la vie privée, des pétitions circulent, des groupes se créent dénonçant cette violation de la vie privée...Tout ce remue-ménage alors que le danger « number one » n'est autre que l'utilisateur lui-même ! Trop souvent, hélas, les utilisateurs n'ont pas conscience de l’importance des informations qu’ils publient sur Internet, qui n'est autre que la porte d'entrée mondiale vers leur vie privée et personnelle...

Divulgation d’informations personnelles et risques de vol d’identité

Pour expliquer les risques qu'encourent les utilisateurs, nous allons prendre l'exemple très parlant ...ou plutôt croassant de Freddi Staur (l’anagramme d’ « ID Fraudster »), le profil créé pour les besoins de l'enquête de Sophos. A partir de celui-ci, 200 « friend requests » ont été envoyés, ces demandes pouvant bien sûr être acceptées ou refusées par les destinataires. Résultat de l'opération : 41 % des utilisateurs de Facebook ont accepté de devenir « amis » avec Freddi Staur et donc, de lui divulguer leurs données personnelles. Freddi a ainsi eu accès à leur e-mail, leur date de naissance, leur numéro de téléphone, leurs photos de famille ou d’amis, leurs goûts, leurs hobbies, leur parcours scolaire, leur profession et à bien d'autres données privées et personnelles. Cette enquête met parfaitement en lumière le comportement irresponsable des utilisateurs des sites de réseaux sociaux.

Ce qui surprend, mais surtout inquiète, est de constater la consternante facilité avec laquelle la plupart des utilisateurs divulguent leurs informations ...à une grenouille verte en plastique alors qu'ils refuseraient de les communiquer, et à juste titre, à un inconnu dans la rue. Freddi aura ainsi obtenu assez d'informations pour créer des messages de phishing ou des programmes malveillants personnalisés, deviner des mots de passe, ou même usurper l'identité de ses nouveaux « amis ». Il a maintenant toutes les armes en mains pour devenir un parfait cybercriminel !

Profil Facebook de Freddi Staur
Profil Facebook de Freddi Staur

Outre le vol d'informations personnelles, Facebook recèle un autre risque qui, celui-là, est de loin moins maîtrisable...En effet, en partant du simple constat que n'importe qui peut créer un profil à votre nom et y associer les informations qu’il souhaite, on se retrouve de nouveau avec un risque d'usurpation d'identité. Pour le vérifier, rien de plus simple, il suffit de dénombrer les profils de Nicolas Sarkozy, de Donald Duck et autres Britney Spears...on en compte près de 40 pour la seule Carla Bruni ! Donc, un conseil : gare à l’usurpation d’identité, que vous soyez une personne publique ou non ! Car l'usurpation d'identité touche aussi d'illustres inconnus tels que ce jeune canadien qui en a fait les frais...et a atterri au poste de police (voir Dérives de Facebook).

Autre danger : l’atteinte à la réputation. En exposant ainsi ses informations sur Facebook, l'utilisateur se met à nu devant ses amis, sa famille...jusque là, ça passe encore...mais devant un employeur potentiel, c'est une autre histoire ! Se renseigner sur un candidat sur Internet avant de l'embaucher n'a rien de surprenant. Seulement, aujourd'hui, quantité d'informations sont accessibles sur Facebook - date de naissance, emplois actuel et antérieurs, parcours scolaire, idéologie via les groupes auxquels on adhère (que vous soyez pour Hillary Clinton ou Barak Obama ne regarde que vous !) et bien d'autres qui ne sont pas toujours les plus intéressantes à des fins de recrutement : préférences sexuelles, photos de vos sorties (un peu) trop arrosées, petites vidéos quelque peu osées envoyées par vos amis. Ont été signalés des cas de candidats à un recrutement qui se sont vu refuser un poste à cause d’un profil affichant des informations compromettantes tel ce gestionnaire de patrimoine « déguisé » ou ce conseiller financier à la pose suggestive (voir les dérives de Facebook).

En outre, ce risque de réputation peut ricocher sur l'entreprise de l'utilisateur. En s'exposant, le facebooker peut entraîner dans sa chute son entreprise ou toutes autres organisations.

Les entreprises peuvent aussi se retrouver sur un terrain glissant...

En indiquant dans leur profil le nom de l’entreprise pour laquelle ils travaillent, les utilisateurs de Facebook associent directement leurs actes et leurs paroles à leur entreprise.

En fonction des paramètres concernant la vie privée qui composent un profil, il est possible que des individus hors du cercle de contacts des membres puissent avoir accès au profil de ces derniers. Les commentaires faits par une personne pourraient nuire à la réputation de son employeur, qu’il s’agisse de propos jugés grossiers ou offensants ou tout simplement contraires aux valeurs de l’organisation.

En outre, il pourrait être gênant que des photos prises dans un contexte privé soient rendues publiques et que les participants soient «taggués», et ce, sans leur consentement. Comment réagirait le président d’une entreprise si des photos le montrant en état d’ébriété lors d’une soirée privée entre collègues circulaient sur le Net ?

Imaginez encore des employés s'écrivant des messages sur leur « wall » ou chattant (dernière nouveauté de Facebook) en révélant des informations confidentielles ou en tenant des propos défavorables tels les conditions de travail, les bas salaires ou le nom d'un manageur tyrannique concernant l'entreprise. Ces dernières pourraient être utilisées par un concurrent ou ternir l’image de la firme.

Soulignons tout de même que de plus en plus d'entreprises envisagent de bloquer l'accès à des sites comme Facebook pendant les heures de travail et pas seulement pour raison de réputation et de confidentialité, mais surtout par crainte que la productivité sur le lieu de travail ne soit affectée...et oui, le risque de dépendance existe bel et bien !

Pour finir, on ne peut que trop vous répéter : soyez prudents ! Facebook est un outil de promotion et de divertissement à manipuler avec soin. Cette plateforme permet de créer ou raviver des liens sociaux, mais il faut garder à l’esprit que votre profil regorge d’informations personnelles et que le responsable de ces informations : c'est vous !



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